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Score de qualité

Un z-score composite unique qui capte trois dimensions orthogonales de la qualité d’une entreprise, construit à partir de 13 ratios fondamentaux.

La formule
Q = z( ⅓ Rentabilité + ⅓ Croissance + ⅓ Sécurité )

Chaque pilier est lui-même un z-score de moyennes de rangs en coupe transversale. Le screener d’actions de la page Live permet d’explorer le détail par pilier de n’importe quel ticker américain.

Rentabilité

6 ratios · 1/3 du poids du composite

Six ratios qui mesurent l’efficacité avec laquelle une entreprise génère des profits par rapport à ses actifs, à ses capitaux propres et à son chiffre d’affaires. L’article QMJ montre que le pilier Rentabilité porte l’essentiel de la prime de qualité à long terme.

Ratio Formule
GPOA Marge brute / Total de l’actif
ROE Résultat net / Capitaux propres
ROA Résultat net / Total de l’actif
CFOA Flux de trésorerie d’exploitation / Actifs
GMAR Marge brute / Chiffre d’affaires
ACC (inversé) − (Résultat net − Flux de trésorerie d’exploitation) / Actifs

Pourquoi chaque ratio compte

GPOA Novy-Marx (2013)

La mesure de rentabilité « championne » identifiée par Novy-Marx. La marge brute est la ligne la plus propre du compte de résultat : elle est au plus près de l’exploitation et la moins manipulable par les choix comptables (pas de dotations aux amortissements, pas d’astuces de capitalisation des frais généraux). La division par l’actif neutralise la taille de l’entreprise. Les entreprises à GPOA élevé ont historiquement surperformé de 3 à 4 % par an en moyenne.

ROE Décomposition DuPont

La mesure classique du profit généré par dollar de capitaux propres. ROE élevé = l’entreprise rémunère ses actionnaires. Attention : le ROE peut être gonflé artificiellement par l’endettement (dette → base de capitaux propres plus petite → ratio plus élevé), d’où l’usage complémentaire du ROA et la combinaison de plusieurs ratios.

ROA Décomposition DuPont

Comme le ROE, mais rapporté à l’ensemble de l’actif : l’endettement ne peut donc pas le fausser. Il capte l’efficacité opérationnelle pure. Un ROA élevé signifie que l’entreprise tire efficacement du profit de chaque dollar d’actif, quelle que soit la manière dont ces actifs ont été financés.

CFOA Article QMJ

Le jumeau du ROA fondé sur la trésorerie. Il remplace le résultat net par le flux de trésorerie d’exploitation, ce qui élimine les distorsions sans effet sur la trésorerie, comme les plans d’amortissement et le lissage par les accruals. L’article QMJ juge le CFOA plus honnête que le ROA, car la trésorerie ne ment pas : soit on l’a générée, soit non.

GMAR Qualité de la marge (QMJ)

Mesure le pouvoir de fixation des prix. Un taux de marge brute élevé signale un avantage concurrentiel : l’entreprise peut facturer nettement plus que le coût de ses intrants. Pensez à Apple (marge d’environ 45 %) face à un fabricant d’électronique générique (marge d’environ 15 %). La marge est persistante : elle révèle un avantage concurrentiel durable plutôt qu’une demande passagère.

ACC (inversé) Sloan (1996)

Accruals = l’écart entre le résultat publié et la trésorerie réellement encaissée. Le constat fondateur de Sloan : les entreprises à accruals élevés (RN ≫ FTE) sous-performent systématiquement, car ces « profits sur le papier » se dénouent souvent dans les trimestres suivants, quand les accruals se normalisent. Nous inversons le signe pour que moins d’accruals = score plus élevé.

Croissance

5 ratios · 1/3 du poids du composite

Variations sur cinq ans des ratios de rentabilité ci-dessus. Elles captent la qualité dynamique : les entreprises dont la rentabilité s’améliore dans le temps, et pas seulement celles qui sont déjà rentables. La rentabilité statique dit qui est bon aujourd’hui ; la croissance dit qui s’améliore.

Ratio Formule
Δ GPOA GPOA(aujourd’hui) − GPOA(il y a 5 ans)
Δ ROE ROE(aujourd’hui) − ROE(il y a 5 ans)
Δ ROA ROA(aujourd’hui) − ROA(il y a 5 ans)
Δ CFOA CFOA(aujourd’hui) − CFOA(il y a 5 ans)
Δ GMAR GMAR(aujourd’hui) − GMAR(il y a 5 ans)

Pourquoi chaque ratio compte

Δ GPOA Article QMJ

Le rendement de la marge brute de l’entreprise progresse-t-il ou recule-t-il ? Un GPOA en hausse peut venir du levier opérationnel (chiffre d’affaires qui croît plus vite que l’actif) ou d’une expansion des marges : deux signes d’un avantage concurrentiel qui s’élargit.

Δ ROE Article QMJ

L’entreprise devient-elle plus (ou moins) rentable par dollar de capitaux propres ? Suivre le ROE au fil des cycles distingue les entreprises qui s’améliorent structurellement des cycles passagers d’expansion et de repli.

Δ ROA Article QMJ

Une productivité des actifs en progrès. Une hausse du ROA est plus difficile à fabriquer qu’une hausse du ROE (pas d’astuce par l’endettement) : c’est donc souvent le signal de croissance le plus fiable des trois.

Δ CFOA Article QMJ

Un rendement de trésorerie sur actifs en hausse. Encore plus honnête que la croissance du ROA, car les flux de trésorerie ne peuvent pas être retouchés par des choix comptables. Si le ROA et le CFOA progressent ensemble, l’amélioration est réelle.

Δ GMAR Article QMJ

L’expansion des marges. Le signal de croissance le plus puissant : une entreprise capable de relever son taux de marge brute sur 5 ans renforce presque toujours sa position concurrentielle (davantage de pouvoir de fixation des prix, des économies d’échelle ou une gamme orientée vers des offres à plus forte valeur).

Sécurité

8 ratios · 1/3 du poids du composite

La solidité du bilan : l’entreprise résisterait-elle à une récession, à un resserrement du crédit ou à un choc d’exploitation imprévu ? Nous combinons trois sous-piliers : les composantes du Z-score d’Altman, les ratios de liquidité de Piotroski et l’endettement.

Ratio Formule
Fonds de roulement / TA (Actif courant − Passif courant) / Total de l’actif
Bénéfices non distribués / TA Bénéfices non distribués / Total de l’actif
EBIT / TA Résultat avant intérêts et impôts / Total de l’actif
Capitaux propres / Passif Capitaux propres (comptables ou de marché) / Total du passif
Chiffre d’affaires / TA Chiffre d’affaires / Total de l’actif
Ratio de liquidité générale (utilisé inversé) Passif courant / Actif courant
OCF / Passif Flux de trésorerie d’exploitation / Total du passif
Endettement (inversé) (Dette à court terme + à long terme) / Total de l’actif

Pourquoi chaque ratio compte

Fonds de roulement / TA Z-score d’Altman (1968)

Le coussin de liquidité rapporté à la taille de l’entreprise. Fonds de roulement élevé → l’entreprise peut régler ses factures à court terme sans vendre d’actifs à long terme ni emprunter. Un fonds de roulement faible annonce des tensions de trésorerie.

Bénéfices non distribués / TA Z-score d’Altman (1968)

Le profit que l’entreprise a accumulé et conservé tout au long de son existence, rapporté à sa taille. Bénéfices non distribués élevés = l’entreprise a été rentable par le passé et s’est constitué une réserve. Les entreprises jeunes ou non rentables obtiennent ici un score faible, exactement ce qu’Altman voulait signaler.

EBIT / TA Z-score d’Altman (1968)

La rentabilité d’exploitation avant les effets de la structure financière. Essentielle pour juger si l’activité principale est assez saine pour assurer le service de la dette, indépendamment de la façon dont le financement est organisé.

Capitaux propres / Passif Z-score d’Altman (1968)

L’engagement des actionnaires face à celui des créanciers. Un ratio supérieur à 1 signifie que les capitaux propres dépassent la dette ; en dessous de 0,5, l’entreprise est fortement endettée. Altman comme Piotroski en font un indicateur de solvabilité de premier plan.

Chiffre d’affaires / TA Z-score d’Altman (1968)

La rotation de l’actif : le chiffre d’affaires généré par dollar d’actif. Rotation élevée = activité peu gourmande en capital et efficace. Rotation faible avec un endettement élevé = signal d’alerte de difficultés.

Ratio de liquidité générale (utilisé inversé) F-Score de Piotroski (2000)

La solvabilité à court terme. Nous l’utilisons inversé (1 / ratio de liquidité générale) pour que davantage de liquidité donne un score plus élevé. Une entreprise dont le ratio de liquidité générale dépasse 1,5 peut en général encaisser un choc sur le fonds de roulement sans financement externe.

OCF / Passif F-Score de Piotroski (2000)

L’entreprise peut-elle rembourser TOUTES ses dettes avec sa trésorerie ? C’est le test de solvabilité le plus exigeant de Piotroski. Un ratio de 0,2 signifie que l’entreprise pourrait en théorie éteindre toute sa dette en 5 ans avec le seul flux de trésorerie d’exploitation : un signal fort de robustesse financière.

Endettement (inversé) Inversé : plus bas = plus sûr

L’endettement absolu. Les entreprises très endettées sont fragiles face aux chocs de taux, aux cycles du crédit et aux baisses de chiffre d’affaires (coût fixe du service de la dette face à des revenus variables). Nous inversons pour que moins d’endettement = score plus élevé.

Des ratios à un score unique

  1. Pour chaque ratio, calcul du z-score de rang en coupe transversale sur l’univers (robuste aux valeurs extrêmes et aux unités).
  2. Pour chaque pilier, moyenne de ces z-scores, puis nouveau z-score. Les ratios manquants au sein d’un pilier sont tolérés (par exemple, les sociétés financières n’ont pas de marge brute) : le pilier utilise les ratios disponibles.
  3. Éligibilité stricte au portefeuille : une entreprise doit avoir ses trois piliers (rentabilité, croissance, sécurité) calculables pour entrer dans le portefeuille en direct. L’exclusion la plus fréquente concerne la croissance pour les entreprises qui ont moins de 5 ans de données fondamentales (introductions en Bourse récentes). Ces valeurs apparaissent quand même dans le screener avec un avertissement ⚠, mais ne peuvent pas être sélectionnées.
  4. Exclusion des entreprises jugées insolvables par le Z-score d’Altman (Z < 1,81).
  5. Sélection du premier décile, plafonné à 40 positions. Poids proportionnels à la qualité.

Asness, Frazzini et Pedersen (2019), « Quality minus Junk », Review of Accounting Studies. Novy-Marx (2013), Sloan (1996), Piotroski (2000), Altman (1968).